Lyonnais travaillant en Suisse : Quelques informations sur la retraite

Cédric
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Face à l’attrait de meilleures opportunités professionnelles, de nombreux Lyonnais choisissent de travailler en Suisse. Toutefois, s’expatrier pour exercer son métier dans l’Hexagone voisine implique de s’adapter à un système de retraite aux règles spécifiques et souvent méconnues. Cet article se propose de décrypter pour vous les éléments essentiels de la retraite en Suisse, en s’appuyant sur des données chiffrées et des exemples concrets.

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Un système de retraite à trois piliers


Le système suisse repose sur trois piliers complémentaires qui visent à assurer une sécurité financière à la retraite :


  • Premier pilier (AVS/AI) : Il s’agit d’une assurance vieillesse, survivants et invalidité qui constitue la base de la protection sociale. Elle a été conçue pour compenser partiellement la perte de revenu lors du départ en retraite ou en cas d’invalidité.
  • Deuxième pilier (LPP) : La prévoyance professionnelle est obligatoire pour les salariés et vise à compléter l’AVS. Ce système par capitalisation garantit, en règle générale, entre 60 % et 75 % du dernier salaire brut.
  • Troisième pilier : Il s’agit d’une prévoyance facultative qui permet d’augmenter le revenu de retraite grâce à des produits bancaires ou d’assurance. Ce pilier peut aider à atteindre jusqu’à 80 % voire 100 % du revenu antérieur lorsque combiné aux deux premiers piliers.


Pour en savoir plus sur la structure de ce système, consultez cette page dédiée sur la retraite en suisse.


L’AVS, le socle de la protection sociale


Tous les salariés travaillant en Suisse cotisent dès le 1ᵉʳ janvier qui suit leur 17ᵉ anniversaire. Les cotisations à l’AVS sont partagées à parts égales entre l’employeur et l’employé. Ce système permet au travailleur de bénéficier d’une rente vieillesse dès qu’il remplit les conditions requises. En général, pour une carrière complète, un homme cotise environ 44 ans tandis que pour une femme, la durée varie entre 43 et 44 ans.


La réforme de 2021 a introduit des ajustements notables, notamment pour les femmes nées entre 1961 et 1964. Leur âge légal de départ à la retraite augmente progressivement de trois trimestres par an pour s’aligner avec celui des hommes, pour atteindre 65 ans d’ici 2028. En 2020, la rente AVS complète variait entre 1 185 CHF et 2 370 CHF par mois, et pour les salariés mariés, le cumul des rentes ne doit généralement pas dépasser 150 % de la rente la plus élevée (environ 3 555 CHF).


La prévoyance professionnelle (LPP) : le deuxième pilier


Le deuxième pilier, ou LPP, complète l’AVS grâce à un système de retraite par capitalisation géré par des caisses de pension. Les taux de cotisation varient en fonction de l’âge :


  • 7 % pour les assurés de 25 à 34 ans ;
  • 10 % pour ceux de 35 à 44 ans ;
  • 15 % pour les cotisants de 45 à 54 ans ;
  • 18 % pour les assurés de 55 à 64 ans.


Ces contributions, également partagées entre employeur et employé, sont directement prélevées sur le salaire. Le choix d’un employeur se fait souvent en fonction de l’efficacité de sa caisse de pension, un élément déterminant pour la qualité de votre retraite future.


Le troisième pilier et les prestations complémentaires


En plus des deux premiers piliers, le troisième pilier permet de constituer une épargne-retraite supplémentaire de manière facultative. Il offre la possibilité d’augmenter son revenu de retraite en souscrivant à des produits d’assurance ou bancaires. Toutefois, il convient de noter que certains frontaliers ou résidents en Suisse peuvent rencontrer des restrictions pour y accéder.


Les prestations complémentaires, quant à elles, interviennent lorsque le cumul des rentes AVS/AI et de la prévoyance professionnelle ne suffit pas à couvrir les besoins vitaux. Ces aides, versées par les cantons, permettent de compenser les lacunes de revenu et de garantir un niveau de vie décent aux retraités.


Anticiper ou ajourner sa retraite : quelles conséquences ?


De nombreux travailleurs en Suisse envisagent la retraite anticipée, mais il faut être conscient des conséquences financières. En effet, partir avant l’âge légal entraîne une réduction de la rente. Par exemple, un départ anticipé de deux ans se traduit par une baisse d’environ 13,6 %, tandis qu’un an d’anticipation équivaut à une réduction de 6,8 %. À l’inverse, ajourner son départ permet de bénéficier d’un supplément de rente : certains salariés peuvent ainsi obtenir jusqu’à 10 % de plus sur leur rente AVS en continuant à travailler au-delà de l’âge légal.


Il est donc crucial de bien planifier son départ en retraite en tenant compte de ces éléments, et de se poser la question de savoir s’il est préférable de demander une rente anticipée ou d’attendre pour bénéficier d’une pension plus élevée.


Le cas particulier des frontaliers lyonnais


Pour les Lyonnais travaillant en Suisse, la situation se complique davantage. En effet, les frontaliers cotisent dans deux systèmes différents s’ils exercent une activité en France et en Suisse. Pour percevoir une pension suisse, il faut justifier d’au moins 12 mois d’activité dans le pays. Ainsi, ces travailleurs perçoivent deux rentes distinctes, et il est essentiel de bien coordonner les droits entre les deux systèmes.


Les questions relatives au déblocage anticipé, à l’option entre rente et capital pour le deuxième pilier ou encore les spécificités des prestations complémentaires, doivent être abordées avec soin. Une bonne information et, le cas échéant, un accompagnement professionnel s’avèrent indispensables pour optimiser sa situation.


Comment bien préparer sa retraite en Suisse ?


La préparation de la retraite doit débuter bien avant le départ effectif. Voici quelques recommandations pour les Lyonnais travaillant en Suisse :


  • Anticiper et simuler : Utilisez des outils de simulation pour estimer votre future rente en tenant compte des cotisations, des bonifications et des éventuelles lacunes.
  • Étudier le mode de paiement : Pour le deuxième pilier, renseignez-vous sur les avantages et inconvénients d’une rente versus un versement en capital. Ce choix, une fois effectué, est définitif et aura un impact direct sur votre niveau de vie.
  • Se faire accompagner : Un conseiller spécialisé pourra vous aider à optimiser la coordination entre les trois piliers et à anticiper les conséquences d’un départ anticipé ou d’un ajournement.
  • Restez informé : Les réformes, telles que celle de 2021, peuvent impacter significativement votre stratégie de retraite. Consultez régulièrement des sources fiables et actualisées.


Travailler en Suisse offre de belles opportunités professionnelles, mais demande aussi une adaptation au système de retraite local. Comprendre le fonctionnement des trois piliers, connaître les impacts d’un départ anticipé ou de l’ajournement, et bien préparer sa stratégie de financement de retraite sont autant d’éléments cruciaux pour vivre sereinement cette nouvelle étape de votre vie. Pour les Lyonnais, qui doivent souvent jongler entre deux systèmes, une bonne planification et une information précise deviennent essentielles pour optimiser leur avenir financier à la retraite.

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